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19 août 2007

Petite balade en voiture

 

Louis est venu me chercher. Dans le quartier, j’entends de loin son arrivée. J’hurle à travers les murs poussant Papa à m’accompagner. J’ai le trac et je crois que sa présence me rassurerait, alors j’insiste. Il accepte de venir mais dans un style blasé !!!

 

Il ne se rend pas compte que je suis surexcitée, ce qui accroît ma timidité ! Lui, il s’en fiche. Il connaît cela par cœur ! 

 

D’abord, je fais le tour. Pour être honnête, ce n’est pas tant la forme qui m’intéresse que ce qu’il est possible d’en faire ! Mais tourner autour de cette voiture me permet de me préparer.. alors je tourne !


Un coupé Carrera 996. 4 roues motrices - Porsche, pour ceux qui n'y connaissent pas plus que moi.

 

J’ai le cœur qui bat. Je dois me pencher pour m’asseoir. C’est confortable. Très confortable !

 

Mais c’est tout petit là-dedans et pourtant très spacieux. Ca sent le cuir. Je caresse mon siège. C’est agréable. Tout n’est que rondeur, ici. C’est esthétique, élégant, simple, classique, sobre en somme.

 

Pour régler le siège, je manipule des boutons électriques avec une simplicité déconcertante. J’ajuste ma ceinture, mes rétroviseurs. Louis, assis à mes cotés, me confirme que cela se conduit comme une voiture banale. Je ris ! Voiture banale, voiture banale.. j’ai du mal à m’en convaincre !

 

Papa, assis de quinconce dans le peu d’espace qui se loge derrière moi, m’observe amusé. Je le regarde dans le rétroviseur, excitée, fière, très fière et très impressionnée aussi !

 

J’ai un bijou de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les mains dont je suis seule maître ! (et seule responsable aussi !!!)

 

Je tourne la clé du contact : un bruit pareil à nul autre... Je baisse ma vitre pour mieux entendre le ronflement si typique du moteur.

C’est parti !

 

Traverser la ville, d‘abord, pour me familiariser.

 

Nous sommes au ras du sol. Les voitures qui nous croisent aux feux nous observent. Cela doit les amuser de voir une petite jeunette au volant d’une telle voiture entourée de deux quinquagénaires !

 

Au début, je ne saisis pas très bien le fonctionnement des rapports de vitesses et je conduis comme les vieilles mémés qui passent la quatrième alors qu’elles ne sont qu’à 50km/h. Je n’ai pas envie de bousiller ce moteur. Alors je suis prudente, trop prudente. Ce qui n’est pas bon pour le moteur, non plus !!

 

Louis me conseille. « Reste en 2nde. Allez pousse, pousse ».

 

Papa et Louis ne disent plus rien. Il m’observent amusés, confiants, tels deux patriarches. Je sens le regard fier de papa derrière moi.
 

 

On est à 90km/h et je suis toujours en 2nde ! Le compte-tours avoisine à peine les 3500 tours. J’hallucine en comprenant les possibilités du moteur que j’ai entre les mains.

 

Nous quittons la ville. Direction Molliens au Bois. Pas un chat sur la route. Dans le retro, je cherche le regard confiant de papa qui me confirme que je peux me lancer. C’est parti !

 

Je mets quelques temps à comprendre comment passer les rapports en poussant chaque régime. C’est déconcertant mais très amusant.

 

Nous arpentons la campagne picarde. Personne pour nous gêner. Après quelques longues minutes d’acclimatation, je commence enfin à me décrisper et à en profiter.

 

Je relève ma fenêtre. Plus un bruit. Nous sommes dans un cocon. Papa et Louis discutent entre-eux.

 

Je pousse les rapports comme je ne l’ai jamais fait sur aucune autre voiture. Plus j’accélère, moins je sens la vitesse ! J’appuie : 150 km/h en qqes secondes. Nous sommes sur une petite route qui serpente dans la campagne mais la voiture ne dévie pas d’un centimètre, collée au sol. C’est un sentiment de puissance extraordinaire. J’ai l’impression de ne faire qu’une avec la route, probablement inconsciente de ma vitesse mais parfaitement consciente de celle que je pourrais atteindre. C’est grisant. Jouissif !

Cela pourrait durer des heures. Bon Dieu ce que c’est agréable !! Calée dans mon fauteuil, j’observe mon compte-tours et essaie d’agir sur les rapports. Fabuleux.. Le temps s’est arrêté alors que les paysages défilent à une vitesse impressionnante !

 

Mais il faut déjà rentrer. Cela doit bien faire ¾ d’heure que nous roulons.

Je traverse à nouveau la ville. Fière, très fière. Je commence à prendre conscience de ma chance… J’aurais voulu que cela dure encore et encore .. Ce sentiment inexplicable de liberté, de puissance, de légèreté.. d’élitisme, un peu, et d’interdit aussi ..

 
Dis Louis .. la prochaine fois, tu accepterais que je conduise l’Aston Martin ????

 

 

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