17 avril 2008
Ici...
Je voudrais revenir là-bas
J'voudrais retrouver tout ça
J’voudrais encore rire avec toi
J’voudrais faire la paix avec moi
J’voudrais simplement être là
Mais être là pour qui ? pour quoi ?
J’me dit que j’ai qu’à faire comme ça
Et qu’après tout, ça ira
Je me promène dans la rue
J’essaie de m’approprier la vue
J’essaie d’y voir du beau
J’essaie d’y mettre mes mots
Tous ces gens autour de moi
On dirait qu’ils ne se voient pas
Et qu’ils ne s'comprennent pas
On dirait que c’est chacun pour soi
J’voudrais revenir là-bas
J’voudrais retrouver tout ça
J’voudrais être dans des bras
Enfin, j’voudrais juste être moi
J’voudrais simplement rire avec toi
Seulement, voilà, toi, t’es pas là
Alors j'me dit qu'c'est mieux comme ça
Et puis qu'après tout, ça ira ...
J'me promène dans la rue
Maintenant, j’aime bien cette vue
Je sourie aux passants
Je me convaincs, j’fais semblant
Aujourd’hui j'vais où j'veux,
Je fais avec c’que j’peux
Comme tous ceux qui sont ici
Finalement, on est à Paris !
Mes sourires étaient pour toi
Maintenant pour ceux qui sont ici
Un jour quelqu'un les prendra
Alors, je serais moi, à Paris.
inspiré de K
... merci à T
16:38 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
16 avril 2008
Paris
Si vous me le permettez aujourd'hui, j'emprunterais volontiers à Cioran ces qqes mots :
Paris, point le plus éloigné du Paradis, n'en demeure pas moins le seul endroit où il fasse bon désespérer !
C'est en tous cas ce que je me force à penser ! J'envoie mes pensées nostalgiques aux nantais qui se reconnaitront !
12:43 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
13 mars 2008
Comme elle vient ..
Mes fatigues, mes doutes, mon intérêt forcé pour la vie en autarcie et pour la solitude, ces derniers temps, m’ont amenée au mépris de toute forme d’égotisme
Et si durant cette période, je n’ai fait aucun progrès en rien, j’aurai au moins appris ce que c’est qu’être soi. *
*eh p£t¤i$ (!), qu'est-ce que je l'étais, à Nantes !
15:17 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
15 février 2008
A part être
Lui, c’est un de mes ancêtres ..
Lequel ? de quel coté ? je ne sais même pas.. un cousin, un grand oncle… aucune idée !
Ce que je vois, c’est qu’il a été militaire !! (observatrice, non ?!!)
Au passage.. je n’ai jamais vraiment compris comment des lignées de militaires (parce que dans mes deux familles, y en a quéqz’un, comme on dit !) pouvaient donner naissance à des créatifs ; mais peut-être est-ce très logique quand on saute une génération ?! c'est, en tous cas, ce qui fait une des beauté de la Famille !
Bref ..
Je ne sais pas qui il est .. et je ne reconnais pas grand chose dans son visage, à part les grandes oreilles (ça serait du coté paternel !). D’ailleurs, l’espèce de grosse bague qu’il porte à la main droite pourrait éventuellement le confirmer .. mais finalement, je me fiche du coté.
Un ancêtre, c'est tout, et c'est déjà pas mal !
Bon, un militaire, donc.
Je n’y connais rien en habit militaire. De fait, je ne sais pas du tout ce qu’il a bien pu faire ; mais connaissant l’esprit de famille, il devait être haut-gradé !
Et pourtant, j’ai un doute .. C’est la casquette, pardon, le képi souple ..
Je ne suis pas sure que des gradés, quel que soit leur corps de rattachement, portent un képi souple en apparat !! ou alors c’est un yankee !
Son vêtement est élégant mais on le sent légèrement étriqué. Il ne faudrait pas qu’il mange une couenne de fromage ou une miette de thon parce que le dernier de ses boutons risquerait de sauter !!!
Je trouve ces épaulettes fabuleuses et terriblement moches ! Ca me rappelle les franges des fauteuils avec lesquelles ont jouait, chez mes grands-parents ou encore celles de certains abats-jour (mais pas chez mes grands parents !!)
Il doit avoir chaud sous cette veste, parce que l’on distingue une chemise à col montant juste en dessous de sa veste. Une chemise amidonnée, si on en juge ses poignées. Cela doit être parfaitement inconfortable !
Je comprends qu’il ne se sente pas à son aise. C’est peut-être pour ça qu’il sert sa paire de gant ; c’est parce qu’il se sent engoncé ! Du coup, je devine qu’il dissimule sa crispation (il sait se tenir !) ..
Mais à son air, je devine un : « S’il vous plait – est-ce que je peux me dévêtir, maintenant ??! ». Peut-être même rêverait-il d’ajouter « Comprenez-moi. Je ne suis pas cet homme, au naturel !!! ». Mais la bienséance ne le permettrait pas ! Alors, il se tient !
Il se tient à son sabre aussi .. peut-être est-ce pour se donner de la contenance ? Ou se rattacher à quelque chose …
Sa posture n’a rien de naturel. On la comprend imposée pour les circonstances de la photo.
Son visage n’inspire pas la gaieté. Il a l’air mélancolique, cet homme. Presque désabusé..
Et même s’il porte la tête haute, s’il est présent physiquement et s’il fait bonne figure, derrière son habit d’apparat, il semble absent, ailleurs ..
Et pour couronner le tout, le traitement de la photo en lui-même est terne. Son visage est pâle, mal contrasté au contraire de son uniforme dont les contrastes sont plus tranchés.
Ainsi, il me fait presque penser à un ectoplasme qui se serait déguisé pour apparaître sur une photo !!
Et curieusement, en regardant ce vieux cliché, je comprends que l'homme sur cette photo et moi-même, aujourd'hui et depuis quelques temps, avons beaucoup en commun !
(sauf la moustache !)
14:25 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
22 janvier 2008
De la constance de certains
N’ont-ils pas des bonnes têtes de vainqueurs, les fonctionnaires de Nantes ?

Vous avouerez qu’il y a de quoi se marrer, avec de telles photos, quand on se réveille le matin en lisant le journal. Un article entier est consacré aux VRAIS problèmes de ces gens là !
Je vous les présente parce qu’ils sont affichés dans la presse quotidienne ligérienne de ce matin et que, grâce à eux, j’ai débuté la journée amusée (ya de quoi) mais agacée aussi !!
Chez nous, ces gens là, ont décidé de faire grève jeudi … à 10h30 (faut le temps de se lever quand même !). Les raisons de leur grève, vous les connaissez! Elles sont les mêmes depuis toujours. Je me demande d'ailleurs pourquoi on leur consacre encore un article.
Et là, maintenant que j’ai tous mes esprits (ce type de nouvelle, ca facilite le réveil), je me dis que l’humanité est quand même divertissante.
Le divertissement que j'y trouve réside dans l'observation de sa constance et de son inconstance !
Il est, bien évidemment, tout type de profils sur Terre ; mais en France tout particulièrement, il est certaines professions (ou catégories de personnes, pour être moins restrictive), bien particulières et facilement identifiables, qui ont une capacité intrinsèque, innée* et remarquable (parce qu’elles savent très bien nous le faire remarquer) à pratiquer la grève - donc, par la force des choses, à ne jamais être satisfaites et à voir la vie par le prisme de droits qu’elles se jugent acquis!
On les a appelées "Fonctionnaires". Et, cela, pour au moins une raison que je devine : bien plus que certaines autres personnes, elles remplissent une Fonction avec une constance remarquable : celle de râler ou de revendiquer.
Et cette constance là m’épate !! (et me fait bouillir aussi, ultérieurement !) Comme si, sur Terre, râler était un rôle immuable et constant attribué à certaines personnes et pas à d'autres. Comme si certaines personnes avaient surtout pour rôle sur Terre de revendiquer, plutôt que de remplir pleinement les fonctions de l'emploi qu'elles ont la chance d'avoir, elles. Mais peut-être aurait-on du les appeler "RôlAires" plutot que "FonctionnAires", dans ce cas, afin de les distinguer de celles qui remplissent vraiment les fonctions de leurs emplois !
Quoi qu'il en soit, je me dis ce matin qu'il serait vraiment temps de mettre en oeuvre ce que ces personnes là-même réclament : l'égalité ; en laissant (aussi / enfin) une place dans le journal du matin pour la photo et le témoignage d’un autre type de profils : celui des chômeurs, RMIstes et autres populations en situation difficile, comme les ptis gars très bien du Resto du Cœur qui est juste à coté de chez moi. Des gens dont la vie n’est pas facile non plus (!!) et qui, très curieusement, n’ont jamais vraiment tendance à râler, même s'ils ne remplissent malheureusement aucune fonction !!!*
En vous souhaitant une bonne journée ...
Et si les fonctionnaires vous amusent, je vous propose un autre de mes billets sur le sujet : en cliquant ici
* c’est pour cela que je pense que le fait de « ne jamais voir la vie sous ses bons cotés » est inné chez certaines populations !
11:35 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
20 janvier 2008
Voeux
Se laisser (trans)porter à la rêverie par des étoiles filantes ...
en cliquant ici
03:15 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
29 novembre 2007
Toujours les meilleurs qui partent ...
Ils sont simplement incontournables dans ce paysage musical.
Majeurs, inégalés, incomparables.
Talentueux monsieur Chichin : Aurevoir !
Allez, au feeling..
une de mes préférées, parmi tant d'autres, pour le plaisir de nos oreilles :
10:40 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
21 novembre 2007
Chasser le naturel pour ne pas fuir au galop !*
* ou ce qu'on a tous eu, une fois, dans la tête et qu'on a pas sù dire !
Avant de se quitter, elle m’avait dit « c’est chouette ». J'avais répondu « oui ». Mais entre temps, elle avait glissé un petit « d’être amies ».
« C’est chouette d’être amies » et mon « oui » était passé entre les deux ! Mais tout s’est passé si vite que j’ai eu l’air de dire « Oui, c’est chouette d’être amies ».
Alors, allez vous expliquer, après ça !
Tu m’as dit qu’on était amies !
Non j’ai dit que c’était chouette, comme ça, comme on conclue un moment passé avec qq’un.
Tu veux dire qu’on n’est pas amies ?
Ce n’est pas qu’on n’est pas amies, mais ..
Alors, si on n’est pas amies, pourquoi est-ce qu’on se voit ?
Disons que c’est parce que j’apprécie de passer du temps avec toi.
Alors, on n’est pas amies.
C’est à dire que des amies, j’en ai déjà. Enfin, au sens où je l’entends. Mais, au moins, on a déjà la tienne, d’amitié.C'est ça qui fait notre relation. Je me laisse berçer par les moments où l’on se voit, parce que toi, tu es toujours partante. Et c'est ça qui est chouette. C’est une question de circonstances.
Peut-être est-ce que je ne te verrais pas si mes vrais amis d’enfance étaient dans les parages. C'est probable. Mais ce n'est pas le cas. Alors, je suis là.
Mais, prends-le bien. Si tu m’apprécies, c’est déjà énorme que tu puisses assurer pour nous deux ! Pour toi, c’est déjà ça de pris. Tu y trouves plus de joie que moi et pourtant, cela ne me gêne pas !
Peut-être est-ce que cela durera longtemps, peut-être est-ce que je n’évoluerai jamais. Il est possible également que je me mette à t’apprécier encore plus, au point de te considérer comme mon amie. On a tout vu dans ce genre d’affaires !
Mais, tu es jeune, tu as le temps de vivre toutes sortes de choses, de rencontrer plein d'autres personnes qui te considéreront comme une amie…
Sauf que tout ça, je ne l’ai pas dit. Je ne l’ai jamais dit ! A la place, je m'étais juste contentée d'un «à bientôt!».
Du coup, depuis cet épisode, elle nous suppose amies et ça doit lui faire plaisir !!
Quant à moi, à chaque fois que l'on se voit, je chasse le naturel, pour ne pas m'enfuir au galop !! :-)
Merci à mr B.
14:10 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
28 septembre 2007
Jo Stromgren ou comment achever Casse-Noisette !
Grande fan de Tchaïkovsky et plus particulièrement de Casse-Noisette, je suis allée à l’opéra de Nantes hier. Il s’y jouait une version du ballet à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Celle-ci m’a tellement .. disons .. marquée, que j’en éprouve le besoin de m’exprimer sur le sujet, ci-dessous, de manière presque exutoire, espérant peut-être que ces qqes mots vous éviteront, chers lecteurs, la déconvenue qui fut la mienne hier !
Il est un vent (peut-être pas si nouveau que ça) chez les metteurs en scène qui consiste a insuffler une part de modernité dans les oeuvres classiques comme si celles-ci nécessitaient d'être modifiées pour continuer à vivre. Je devine que l'intention de ces metteurs en scène soit de marquer ces oeuvres de leurs propres noms.
Certains nommeront cela Evolution d'une oeuvre. D'autres Modernisation. Chez Stromgren, j'appellerais volontiers cela Destruction d'une oeuvre !
Casse-Noisette est, à mon sens, une oeuvre musicale légère, aérienne, enfantine. Les passages de la Fée Dragée en sont un exemple. Cette musique presque naïve inspire grace et délicatesse.
Stromgren a pris le parti (enfin j'espère que tout cela était voulu) de faire danser ses artistes d'un pas lourd et grossier. Il leur a infligé des mouvements qui ne sont ni totalement classiques, parce que jamais achevés, ni vraiment modernes, parce que jamais décalés, tranchés ou novateurs. D'ailleurs, les danseurs ne dansent que très peu. Ils oscillent entre déplacements dans l'espace, vagues jeux de scène illustrés grossièrement par des attitudes faciales et postures proches du mime. (Oserais-je plaisanter en imaginant qu'il s'agissait, ce soir là, d'un hommage au Mime Marceau décédé il y a peu?!)
Les vraies scènes de danse sont finalement rares et c'est une des premières choses que l'on pourra reprocher à Stromgren, en plus de l'extrême lourdeur infligée à la danse.
Un décalage complet, donc, entre la légèreté de la musique et la lourdeur des danseurs. N’y a t-il pas, déjà ici, quelque chose de loupé, une tournure mal-prise ??!
Stromgren a ensuite décidé de transposer l'histoire enfantine de Casse-Noisette, souhaitant la moderniser je suppose, en transformant les souris en Officiers Allemands ; le père de Clara en rougeaud presque alcoolo ; sa mère en aveugle ; Frantz est atteint de polio ; les princesses sont devenues vamps espagnols ; et on ne sait pas pourquoi, Stromgren aura décidé de faire apparaître occasionnellement sur scène un jogger en tee-shirt jaune affublé de lunettes à quadruple foyers ainsi qu'un fakir qui incarnera la vulgarité adulte dans ses gestes.
Le monde fantastique de Casse-Noisette devient, grâce à Stromgren, un univers adulte, dure, dans lequel les hommes portent des armes, hurlent (ce qui est, vous me l’accorderez, dérangeant dans un ballet !) et se blessent. Les acteurs (parce que les danseurs sont presque plus acteurs que danseurs dans cette oeuvre!) sont grimés très grossièrement presque vulgairement.
L’œuvre initiale se voit complètement détruite par des moyens faciles qui ne rendent même pas cette nouvelle version intéressante parce qu’innovante.
On pourrait presque deviner chez Stromgren une pointe de misogynie dans la mesure ou les personnages féminins de son adaptation ne sont pas mis en valeur, ni dans leurs gestes, ni dans leurs costumes, ni dans leur rôle. Aucune des femmes de cette version n'est embellie ou même simplement mise en valeur.
Enfin, les décors occupent bien trop largement la scène, réduisant considérablement le champ des possibles pour les danseurs. On comprendra presque qu'ils en soient contraints à jouer plutôt qu'à danser ! La encore, ces décors ne sont en rien remarquables de modernité. Seule, la couleur grise tend peut-être à vouloir susciter cette idée de mobilier moderne.
En bref, et j’arrêterai là parce que finalement cela n’en vaut pas plus la peine, un spectacle qui n'est, ni vraiment fait, ni surtout, à refaire !
Chers lecteurs, vous excuserez je l'espère, mon emportement - je pense ici à l'anonyme Mme Michu qui commenta mes propos sur les Folles Journées il y a qqes temps - qui n'est que l'expression d'un sentiment profond et sincère : celui d'une spectatrice qui a connu la désagréable impression d'être prise pour ce qu'elle n'est pas !!!!!
19:30 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
19 août 2007
Petite balade en voiture
Louis est venu me chercher. Dans le quartier, j’entends de loin son arrivée. J’hurle à travers les murs poussant Papa à m’accompagner. J’ai le trac et je crois que sa présence me rassurerait, alors j’insiste. Il accepte de venir mais dans un style blasé !!!
Il ne se rend pas compte que je suis surexcitée, ce qui accroît ma timidité ! Lui, il s’en fiche. Il connaît cela par cœur !
D’abord, je fais le tour. Pour être honnête, ce n’est pas tant la forme qui m’intéresse que ce qu’il est possible d’en faire ! Mais tourner autour de cette voiture me permet de me préparer.. alors je tourne !
Un coupé Carrera 996. 4 roues motrices - Porsche, pour ceux qui n'y connaissent pas plus que moi.
J’ai le cœur qui bat. Je dois me pencher pour m’asseoir. C’est confortable. Très confortable !
Mais c’est tout petit là-dedans et pourtant très spacieux. Ca sent le cuir. Je caresse mon siège. C’est agréable. Tout n’est que rondeur, ici. C’est esthétique, élégant, simple, classique, sobre en somme.
Pour régler le siège, je manipule des boutons électriques avec une simplicité déconcertante. J’ajuste ma ceinture, mes rétroviseurs. Louis, assis à mes cotés, me confirme que cela se conduit comme une voiture banale. Je ris ! Voiture banale, voiture banale.. j’ai du mal à m’en convaincre !
Papa, assis de quinconce dans le peu d’espace qui se loge derrière moi, m’observe amusé. Je le regarde dans le rétroviseur, excitée, fière, très fière et très impressionnée aussi !
J’ai un bijou de plusieurs dizaines de milliers d’euros dans les mains dont je suis seule maître ! (et seule responsable aussi !!!)
Je tourne la clé du contact : un bruit pareil à nul autre... Je baisse ma vitre pour mieux entendre le ronflement si typique du moteur.
C’est parti !
Traverser la ville, d‘abord, pour me familiariser.
Nous sommes au ras du sol. Les voitures qui nous croisent aux feux nous observent. Cela doit les amuser de voir une petite jeunette au volant d’une telle voiture entourée de deux quinquagénaires !
Au début, je ne saisis pas très bien le fonctionnement des rapports de vitesses et je conduis comme les vieilles mémés qui passent la quatrième alors qu’elles ne sont qu’à 50km/h. Je n’ai pas envie de bousiller ce moteur. Alors je suis prudente, trop prudente. Ce qui n’est pas bon pour le moteur, non plus !!
Louis me conseille. « Reste en 2nde. Allez pousse, pousse ».
Papa et Louis ne disent plus rien. Il m’observent amusés, confiants, tels deux patriarches. Je sens le regard fier de papa derrière moi.
On est à 90km/h et je suis toujours en 2nde ! Le compte-tours avoisine à peine les 3500 tours. J’hallucine en comprenant les possibilités du moteur que j’ai entre les mains.
Nous quittons la ville. Direction Molliens au Bois. Pas un chat sur la route. Dans le retro, je cherche le regard confiant de papa qui me confirme que je peux me lancer. C’est parti !
Je mets quelques temps à comprendre comment passer les rapports en poussant chaque régime. C’est déconcertant mais très amusant.
Nous arpentons la campagne picarde. Personne pour nous gêner. Après quelques longues minutes d’acclimatation, je commence enfin à me décrisper et à en profiter.
Je relève ma fenêtre. Plus un bruit. Nous sommes dans un cocon. Papa et Louis discutent entre-eux.
Je pousse les rapports comme je ne l’ai jamais fait sur aucune autre voiture. Plus j’accélère, moins je sens la vitesse ! J’appuie : 150 km/h en qqes secondes. Nous sommes sur une petite route qui serpente dans la campagne mais la voiture ne dévie pas d’un centimètre, collée au sol. C’est un sentiment de puissance extraordinaire. J’ai l’impression de ne faire qu’une avec la route, probablement inconsciente de ma vitesse mais parfaitement consciente de celle que je pourrais atteindre. C’est grisant. Jouissif !
Cela pourrait durer des heures. Bon Dieu ce que c’est agréable !! Calée dans mon fauteuil, j’observe mon compte-tours et essaie d’agir sur les rapports. Fabuleux.. Le temps s’est arrêté alors que les paysages défilent à une vitesse impressionnante !
Mais il faut déjà rentrer. Cela doit bien faire ¾ d’heure que nous roulons.
Je traverse à nouveau la ville. Fière, très fière. Je commence à prendre conscience de ma chance… J’aurais voulu que cela dure encore et encore .. Ce sentiment inexplicable de liberté, de puissance, de légèreté.. d’élitisme, un peu, et d’interdit aussi ..
Dis Louis .. la prochaine fois, tu accepterais que je conduise l’Aston Martin ????
23:35 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11 juillet 2007
Quelques grammes de succès professionnel...
... dans mon univers stagnant !
Par amusement, pour occuper mon temps et puis aussi, pour étoffer un peu mon réseau, j'avais décidé de participer au Concours de Nouvelles organisé pour les Professionnels de la Communication à Nantes.
Je n'ai pas assisté au gala de remise des prix en juin dernier: je n'avais pas l'humeur d'y aller seule, mais surtout, j'étais convaincue que les nombreux autres participants auraient fait bien mieux que moi.. persuadée de ne rien perdre en n'y assistant pas.
Sauf que ce soir là, j'ai gagné le 9ème prix du concours !
C'est un petit, tout petit succès, mais il tombe à pic pour me re-motiver !
15:10 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
19 juin 2007
Arraignée du soir ..
Chaque soir, je défais les coussins de mon lit, un par un. Ils ne sont là que dans un seul but : combler le vide. Occuper l’espace.
Je me plonge dans ce lit, pose ma tête sur l’oreiller et j’écoute. J’écoute et il ne se passe rien. Le vide. Rien de plus que dans ma vie.
Chaque nuit je m’endors dans une chambre isolée de tout bruit, presque coupée du monde, plongée dans un silence total.
Alors chaque nuit, j’entrouvre la fenêtre pour essayer de faire entrer un peu de bruit, celui d’autres, espérant que ce bruit me donne l’impression de vie, l’impression de vivre.
Chaque soir, je défais les heures, les jours, les mois, les années qui viennent de passer, un par un. Eux aussi apparaissent pour combler le vide. Occuper l’espace.
Je me plonge dans mon lit, pose ma tête sur l’oreiller et je réfléchis. Je réfléchis et il ne se passe rien. L'absence. Rien qui ne me donne plus de sens.
Chaque nuit, je m'endors après une journée lors de laquelle je n'ai rien échangé. Rien changé.
Alors chaque nuit, je laisse cours à mes insomnies, autorisant mon cerveau à tourner plein pot, espérant lui donner l’impression de vie, l’impression de vivre.
22:46 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
11 mai 2007
Space Oddity
Comme le Major Tom, j'ai la sensation d'être très très loin, flottant calmement seule entre deux univers -Nantes et Paris-, ne me sentant pas familière de l'un et ne l'étant assurément plus des préoccupations de l'autre …
Nothing I can do ...
Superbement chanté ici par Emilie Simon cliquer ci-dessous
Ground Control to Major Tom
Take your protein pills and put your helmet on
Ground Control to Major Tom
Commencing countdown, engines on
Check ignition and may God's love be with you
9,8,7,6,5,4,3,2,1... Liftoff
This is Ground Control to Major Tom
You've really made the grade
And the papers want to know whose shirts you wear
Now it's time to leave the capsule if you dare
This is Major Tom to Ground Control
I'm stepping through the door
And I'm floating in a most peculiar way
And the stars look very different today
For here I am sitting in a tin can
Far above the world
Planet Earth is blue
And there's nothing I can do
Though I'm past one hundred thousand miles
I'm feeling very still
And I think my spaceship knows which way to go
Tell my wife I love her very much she knows
Ground Control to Major Tom
Your circuit's dead, there's something wrong
Can you hear me, Major Tom?
Can you hear me, Major Tom?
Can you hear me, Major Tom?
Can you....
Here am I floating round my tin can. Far above the Moon. Planet Earth is blue. And there's nothing I can do.
01:20 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
23 mars 2007
J'ai décidé d'être Belge!
Atypique. Vous êtes atypique ! Personnalité riche, parcours intéressant, multiple, étonnant. Vous sortez de l’ordinaire, il faut l’avouer. Vous êtes douée et prometteuse ! dit-il en se grattant le crâne.
Mais .. il en fallait un - je l'attendais ! Disons que … vous ne rentrez pas dans les cases ! Alors, bien sûr, c’est riche. C’est bien, c’est ambitieux, c’est attirant.. mais... tiens encore un !… c’est pas évident !
Je ne sais pas quoi faire de vous et pourtant je ne veux pas vous laisser partir. Des profils comme le votre, il n’y en a pas tant que ça sur le marché. C’est même rare. Mais … ca devient lassant ! ... je ne sais pas quoi faire !
Hum … il faut qu’on se rencontre à nouveau ; qu’on réfléchisse un peu, chacun de notre coté… Faut voir…
Nous y voilà !
Voici le résumé d’un entretien d’embauche parmi tant d’autres… et pire encore peut-être, le résumé de ma courte vie sentimentale, aussi... Oui oui !! mais ça, c’est une autre chose !
Et aujourd’hui, ça me gonfle. Il y a des jours « avec » et des jours « sans ». Eh ben aujourd’hui, c’est un jour « sans » !
Alors, j’ai décidé que je voulais être belge.
Pas pour les mêmes raisons que Johnny, quoique cela me sera utile le jour où je serais vraiment riche !
Non… simplement parce que là-bas, il n’y a pas de cases… ou seulement dans les BD !
Parce que là-bas, les choses sont naturellement farfelues ou plus exactement, farfelusement naturelles ! Et qu'on en fait pas tout un fromage !!*
Et puis, même si j'adore le fromage, j'aime aussi beaucoup les belges !
*c’est bien français, ça, d'en faire du fromage !!!!
19:00 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
07 janvier 2007
Des Mots ...
J'espère que ces qqes mots découpés dans des journaux caractériseront cette année à venir ...
19:10 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
14 décembre 2006
Pourquoi ce déménagement
Après 5 mois, certains me demandent encore pourquoi j'ai déménagé à Nantes - pourquoi j'ai laché Paris et une carrière assurée, pour ne rejoindre ici ni conjoint, ni job et avoir tout à construire.
Je tente donc ici une brève explication qui achévera, je l'espère, de vous répondre.
Je sais que déménager peut parfois être traumatique. Et je ne découvre ce trouble que maintenant.
Mais j'avais besoin de le faire pour échapper à la routine. Quand on vit trop longtemps au même endroit, on perd la notion des choses.
Pour le défi personnel, c'est important de renoncer à ses repères, de retrouver l'essence des rapports humains, de chercher à se faire de nouveaux amis et de placer les enjeux à des endroits différents...
Cela n'entend pas cependant oublier d'où l'on vient, ni même s'éloigner de ceux qui nous sont chers, mais plutôt accroitre la surface de son propre univers, en portant soudain un regard plus clair et différent sur l'endroit dont on est affectivement issu.
Je ne fais pas ma fière aujourd'hui, c'est vrai, et bon nombre d'entre vous ou d'activités parisennes me manque ... mais je trouve ici le sens de ce que j'ai finalement toujours été, une provinciale !
16:55 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
14 novembre 2006
Sous leurs pieds
Nantes sous les pas de ceux qui me font oublier la pesanteur - cliquer ci-dessous
Merci à ...
Cédric, Anne-Claire, Pierre, Augustin, Ambroise, Armelle, Nicolas, Jean-Baptiste, Gersande, Timothée, Marie, Eric, Grégoire, Isabelle, Béatrice, Carole, Etienne, Fréderique, Bruno, Hélene, Maxime, Géraldine, Guillaume...
00:45 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
05 octobre 2006
Sérénité
C'est le jour J... Celui que je me fixe pour travailler mes exercices. Le téléphone a sonné. Plusieurs fois. Et je n'ai pas posé mes yeux sur l'écran, ne serait-ce que pour savoir qui m'appellait. Non, je n'ai pas envie de décrocher... J'ai peur de changer d'avis. De me trouver une excuse grâce à celui ou celle que j'aurais eu en ligne.
Il faut que je sorte. Faire quoi ? N'importe quoi. J'ai besoin d'avoir besoin de voir ou de faire qqe chose. Je ne peux pas rester enfermée ici à attendre le moment que je me suis fixé. Je tourne en rond, sans rien faire de particulier. Il faut que je sorte. Je ne surveille pas ma tenue ni même ma tête avant de claquer la porte. Il faut sortir maintenant sinon je me connais. Simplement mes documents de travail sous le bras et en avant. Je descends en trombe et passe la porte de mon immeuble ..
- Bonjour, me lance Yvon, le gars qui a ouvert son entreprise en face de chez moi. Il est sympa ! C'est le premier qui m'ait accueillie dans le quartier, avec le pretexte de nos scooter identiques. Tu vas bien ? Il fait super beau. T'as raison de sortir...
-'jour, je lui réponds d'une voix éraillée. Pas envie d'aller plus loin dans la discussion !
- Ouh ca n'a pas l'air d'aller aujourd'hui ! Tu n'es pas malade ?
- Non, non non non non ... C'est sûr, j'aurai pu dire "non" une seule fois... je veux rester calme mais Yvon n'a pas remarqué...
Faut rester calme. Impassible. Faut avoir une tête neutre, maitriser ma voix, mon visage, mes yeux. J'ai essayé. J'ai du mal.
- Non, non, je reprends. Tout va bien ... j'ai rendez-vous... je file, Yvon ... A plus ..
Rester calme. C'est tout de même pas grand chose ! Là, j'ai l'air d'une poule. Les poules, quand elles marchent, elles bougent la tête sans cesse ! Je ne parviens pas à fixer mes yeux sur qqe chose, le pas de ma course, le trottoir, je sais pas ... Rien ... je n'y parviens pas !
A 33 ans, je découvre que je me comporte n'importe comment. Mes pieds ne suivent pas de ligne droite. J'écoute mais je n'entends rien.. Je ne suis pas maitre de moi-même, presqu'inconsciente... je ne maitrise rien !
Me voilà dans la rue, sans but précis et pourtant, il faut que je m'en rapproche. Où aller ?
A peine qqes pas... la vitrine du marchand de journaux du coin de la rue. Je m'arrête. C'est exactement ce qu'il me fallait. Des affiches criardes "XXX anéanti. Il perd l'homme de sa vie".... "Star Academy, 1 nouveau couple" ... Des têtes que je ne connais même pas et qui font la Une de ces journaux ..
Je reste plantée devant la vitrine, à regarder tout ça sans rien voir. Je ne sais même pas qui sont celui-ci ou celle-là. Je m'en fiche. Je ne vois pas.
J'entre et dis "bonjour", laissant trainer mon regard sur les milliers de magazines disposés autour de moi. Le marchand me fait remarquer que nous nous sommes déjà vus ce matin. Il a raison ! Et les journaux que je lui achète habituellement, je les ai déjà pris tout à l'heure !! Là, je n'ai plus rien à lui acheter... Alors j'erre... Il n'y a pas un magazine sur lequel je m'arrête vraiment. Je les touche, les déplace.. n'en ouvre aucun ... Mon esprit est ailleurs et j'ai beau tenter de me concentrer . Non !
Ca fait bien 1/4 d'heure que je laisse trainer mon regard.. Faut que je fasse qqe chose, là, parce que le marchand va commencer à me trouver curieuse ! Lui qui est toujours accueillant avec moi !
Alors je saisis le premier journal qui me passe sous la main. Ouest-France. Je l'ai déjà acheté ce matin... Faut que je prenne autre chose. Sinon, il va me prendre pour une folle. Alors je prends Elle. Je ne le lirai pas - je n'aime pas les féminins, mais il fallait que je sorte avec qqe chose.
Je paie et le salue du bout des levres. En sortant, je regarde l'heure sur mon portable. 3 appels en absence. Je ne vais pas écouter les messages. J'ai peur qu'ils me fassent changer d'avis.
J'ai encore 1/4 d'heure avant l'horaire que je me suis fixé. Qu'est-ce que je fous avec Elle dans les mains ?!
Mon esprit malin a trouvé une autre idée : modifier mon chemin pour le faire durer. Moi qui voulais perdre du temps, voila le pretexte révé. Je prends à 90 degrés de là où je dois me diriger. Et me voici partie dans une rue que je connais par coeur, sans aucun attrait, m'éloignant de mon objectif ! Je me domine si mal que mes talons s'entrechoquent. Je ne regarde pas ma route. Je connais cette rue.
Je ne vais pas être en retard puisque c'est moi qui me suis fixé l'horaire et que je ne suis ni attendue ni prévue. Et le fait de déambuler dans une direction opposée m'apaise. Je reprends le dessus et mon petit démon avec : "Et si finalement je n'y allais pas... Si je changeais d'endroit... On s'en fiche.. Ya que moi qui l'avait prévu !"
Non, non. Décidemment, je ne fais que des conneries ! "C'est toi qui l'as décidé, ma cocotte - tiens c'est à propos ! - tu vas jusqu'au bout. C'est quand même pas difficile de faire les choses telles que tu les avais prévues alors tu ne vas pas te dégonfler !"
Je marche dans la rue comme une dératée. J'ai fait demi-tour, me dirigeant enfin dans la bonne direction. Poule ou pas poule, je marche n'importe comment, tourne la tête dans tous les sens, à la recherche d'un repaire qui m'apaise. Je ralentis. Me concentre sur chacun de mes pas. J'ai terriblement chaud.
Ici, je ne sais jamais comment me vêtir. Il fait tout le temps beau et puis parfois, la pluie tombe d'un seul coup, sans signe avant-coureur. Et tout à l'heure, le sol que je voyais mouillé par la fenêtre m'avait poussée à enfiler un pull et me couvrir d'une veste. J'ai de plus en plus chaud mais n'ai pas envie d'encombrer mes bras d'une veste enlevée en plus. Faut assumer ! A défaut de me maitriser, je ne souhaite pas me trouver avec les bras encore plus encombrés. Paraitre décontractée. Avant tout. Surtout ne pas avoir l'air encombré !
J'arrive au bout de la rue. Là haut, je serais arrivée. Et plus mon but approche, plus la chaleur m'envahit. J'aurais envie de m'arrêter. Me dissimuler sous le porche d'un batiment. Arrêter tout. Reprendre mon souffle. Baisser de température... Mais je sais que si je m'arrête, c'est foutu, je n'avançerais plus. Alors, je ralentis encore. La rue monte toujours. Mais d'ici, je ne vois pas encore mon but. Le tournant m'en cache et cela me rassure. Cela me laisse le temps de me préparer. Plus j'approche, plus je sens que ma tension monte en flèche. Je m'éponge le front. Avec ce qui parcourt mes veines, il y aurait de quoi alimenter les réacteurs d'une fusée ! Il faut que je me calme. Encore une fois, j'ai refusé de réflechir avant d'agir. Maintenant, le manque de préparation à cet événement me saute à la figure. "Qu'est ce que je vais faire ? Qu'est ce que je vais dire en arrivant ? Et si je n'y allais pas ?"
Je croise un jeune homme, plutôt charmant.
"Hep !" Je voudrais l'appeler. "Jeune homme ! Ca ne va pas du tout ! Est-ce que ca vous ennuie de m'accompagner ? Vous paraissez plus calme que moi..."
Le jeune homme s'éloigne. Il ne m'a même pas remarquée.
Je m'arrête enfin un instant. Respirer. Envoyer un peu d'oxygéne dans mon cerveau. Je me concentre sur l'événement. "Faut rester calme, impassible. Ca laisse le temps de réflechir". Je sais pourquoi je n'ai pas pris le temps de réflechir. Si je réfléchis, je n'irais jamais. Je n'ai plus que l'angle de la rue avant de me trouver devant la porte.
J'ai de la chance, aucune voiture ne passait pour m'écraser. J'ai traversé la rue en trombe. La rue est aussi paisible que je suis nerveuse. Non seulement je sais bien que je ne maitrise rien mais avec tout ce calme, je me sens ridicule.
Me voilà devant la porte. Quand j'entre, mon premier regard fixe la table sur laquelle j'ai coutume de me poser. Chargée de mes documents, j'avance en titubant. Il y a d'autres gens dans la salle. Le bruit me rassure. Je ne sais pas si c'est ce que ressent un spéléologue qui s'est engouffré dans un cul de sac, mais j'ai l'horrible sentiment que je n'ai plus d'échappatoire !
J'ai une seconde, pas une de plus, pour sourire et celui-ci me vient naturellement. Ouf !
A la seconde où j'ai passé la porte, mon coeur s'est apaisé. J'ai toujours chaud mais ma tension tombe, d'un seul coup. Je suis encore incapable de dire autre chose que Bonjour. Est-ce que je me peux m'asseoir pour travailler ?. Ca c'est simple, c'est ce que j'avais déjà dit les précédentes fois.
Et c'est la réponse qui achève de m'apaiser : Bien sur ! Vas-y comme si c'était devenu une habitude ... Je regarde à peine la salle, ni même mes interlocuteurs. Je suis incapable de dire combien de personnes peuplent le lieu. Je monte la marche, pose mes affaires, tire la chaise à moi. Ce petit coin discret, presque retranché et pourtant en plein centre de la pièce. Le coin que je préfére. Et c'est à la seconde où je suis posée que la chaleur me quitte définitivement. Mon corps s'immobilise. Mon coeur ralentit.
Je retrouve enfin cette sensation de bien-être et de sérénité, précisement ici, celle que je suis venue chercher !
merci à S.T.
18:40 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
19 septembre 2006
La menthe à l'eau du mardi après-midi et un changement de plaque !
Ben voila. Maintenant c'est fait ; tu me fous la paix - comme dirait un autre !
Il ne restait plus qu'une chose, une seule, à faire .. probablement la plus significative d'ailleurs... ce qui pourrait expliquer que ce soit la dernière que j'aie faite et pour laquelle j'aie mis autant de temps à me lancer : faire changer l'immatriculation de mon scooter ...
Ben voila. Ca aussi c'est fait ! Depuis cet après-midi.
Je ne peux plus reculer .. maintenant faut assumer !!! et c'est là que les choses commencent.
Trouver un appart., prendre tout mes meubles, faire traverser la France à maman pour déménager... C'était pas compliqué. En 2 temps 3 mouvements la chose était réglée !
Perdre du temps, beaucoup de temps, pour me faire livrer un canapé, passer à la Préfecture, changer les plaques d'immatriculation de la voiture, filer a l'ASSEDIC, aux assurances maladie et autres grands lieux administratifs afin de leur donner ma nouvelle adresse... Ca, c'était facile. Faut pas avoir trop réfléchi pour faire la queue derrière une ligne jaune ou bleue !!!
Acheter des planches, un four et une machine. Peindre et bricoler un peu ... y a franchement plus difficile !
Ensuite, il a fallu commencer mes séances de coaching ... me pencher sur moi, remplir un MBTI, faire des tests de valeurs, une analyse grapho ... ça, c'est motivant .. ça donne l'impression d'avancer !
Et puis est venu le jour (aujourd'hui) où il faut, mais vraiment, que que je change la plaque d'immatriculation de ce qui fut le symbole de ma liberté a Paris, de ce qui représentait mon insouciance et les dizaines de bêtises, amusements déraisonnés et autres loisirs que j'avais a Paris.
Ce destrier qui me permettait de traverser la capitale sur un coup de tête pour rejoindre mes meilleurs amis, atterrir dans les meilleurs lieux de sorties et/ou de débauche ou ceux de culture, en rentrer uniquement à l'heure que j'avais décidée et accessoirement regagner mon boulot .. Cette presque moitié de moi parce que devenue engin-quotidien-moteur-de-ma-vie !
... et dont il faut maintenant changer l'identité !!
C'est précisément aujourd'hui, jour où je décide enfin de changer ma plaque de scooter, que je prends vraiment conscience de ce que je viens de faire en déménageant, de ce que cela va impliquer, de ce qui m'attend maintenant et du fait que cela ne va pas être une évidence, à défaut de ne l'avoir jamais été d’ailleurs !
Il aura fallu que cela soit ce jour précis, celui où ma "menthe à l'eau du mardi après-midi" a pris un goût qui ne sera plus jamais le même, teinté d'une curieuse amertume, pas spécialement bonne à avaler quoique tout a fait prévisible. Une sorte de mise au point effectuée en une demi-seconde, de quelques pas en hauteur avant de m'asseoir, d'un regard jeté à peine lors duquel rien n'est vu mais tout est compris...
Ben voilà ... Les choses sont là. Faut avaler, digérer, et surtout assumer maintenant, ma cocotte !
Et je suis subitement prise d'un bon gros cafard, de ceux qui vous pousse à rentrer dare-dare chez vous et à manger 10 spéculoos d'un seul coup (ou à fumer 3 clopes d'affilée pour d'autres), juste pour occuper votre esprit à autre chose !
Ce fut mon cas ! J'ai dévoré 10 spéculoos en moins de temps qu'il n'en fallait pour boire le litre 1/2 de thé qui accompagnait tout ça (il est à savoir que le spéculoos est encore meilleur lorsque vous le faites gonfler dans un liquide).
Pour la première fois, cet après-midi, je me suis sentie seule ici ! Seule et très cruche aussi !! Fallait bien que cela arrive un jour !
Et comme là-haut, les choses sont souvent bien faites, c'est également aujourd'hui que Greg me confirme qu'il vient me voir en octobre, que Guillaume de passage ici m'appelle pour prendre un verre demain et que Bobby me détaille le planning qu'il propose une fois avoir atterri chez moi ce WE ...
Et vous, c'est quand que vous venez chez moi manger des spéculoos trempés dans du thé ??!?
18:15 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
05 septembre 2006
Go West
Pepittes vs Etoiles
J'ai débuté ma vie parisienne en faisant table rase de beaucoup de choses. C'était en décembre 1995. La fameuse grève des transports commençait. Les bouchons, le stress ... et moi je commençais ma vie à Paris, ma vraie, mon premier job avec une seule envie ...
Décrocher des étoiles ... et c'est chez Gaumont que je les ai trouvées !!! Cinema-Star-Etoiles ... t'as compris ??!!
Aujourd'hui je quitte Paris - vraiment cette fois ci - 11 ans plus tard. Je quitte le stress et les strass. Chacun sait que les étoiles qui brillent sont déjà éteintes...
Je fais table rase de beaucoup d'autres choses, aussi.. On n'est pas en décembre -certes- mais ici, c'est plein de bouchons aussi ! Je commence une autre vie ... sans stress.
Je suis là pour prendre mon temps, faire les choses patiemment, assise pas très loin de l'eau, à observer tout ce qui coule pour y dénicher sans l'espérer vraiment les pépittes qui passeront avec le flot et que je compte garder dans mes tamis...
Posée le long du fleuve, je cherche une chose maléable et pourtant solide .... un truc perenne, qui prenne de la valeur avec le temps... un truc sûr et de confiance ... qui ne brille pas au premier abord et que l'on garde toute sa vie ... quelques grammes d'or ! Et quoi de plus naturel que d'aller les chercher à l'ouest ???
Ben voilà... si vous me cherchez .. vous savez où me trouver ... à bientôt !
18:50 Publié dans Humeurs | Lien permanent | Envoyer cette note
17 juin 2006
Accoutumance de comptoir
Je ne voulais pas prendre d’espace, me faire discrète dans un paysage qui n’est pas le mien - assurément le sien – sans non plus m'oublier ou disparaître.
Simplement me faire une petite place dans cet univers. Ne pas faire de bruit. Juste profiter de ces moments délectables.
Et puis aussi, un peu quand même, l’observer, de très loin, du haut d'un tabouret ou de derrière ceux à qui je parlais, juste du coin de l’œil, sans qu’il ne le devine. Simplement pour voir s’il a changé, imaginer et voir ce qu’il devient, tenter de retrouver avec distance ce qui faisait son charme et qui ne l’a visiblement pas quitté !
J’étais là… autant en profiter !
Ce qui est amusant, c’est que cela nous a pris du temps … un besoin probable pour chacun de nous deux d’assimiler le fait que l’autre soit de nouveau dans le paysage - dans SON paysage à lui en l'occurence - et que l’on va devoir faire avec.
Ce n’est ni désagréable ni agréable d’ailleurs. C’est juste curieux.
J’ai aimé cette distance, cette réserve – m’a t-elle semblé - partagée. J’ai aimé l’agréable et imperceptible malaise que la situation engendrait. J’ai aimé le voir s’acclimater tout aussi doucement que moi - et si ce n’est s’acclimater, en tous cas, considérer l’autre un peu plus, jour après jour – mais il faut probablement préciser que nous pourrions avoir chacun de bonnes raisons assez différentes de ne pas être spécialement chaleureux avec l’autre ..
Nous n’avons échangé aucun propos en dehors de « salut » souriants mais c’est probablement ce qui aura fait le charme de l’histoire.
Dans le train qui me ramène ce matin, une chose m’intrigue …
Lorsqu’une personne/une situation vous indiffère vraiment, surtout quand celle-ci ne vous est absolument pas inconnue, vous vous fichez pas mal de la voir apparaître ou se produire à nouveau ! Vous êtes vous-même. Nul besoin de réserve ou d’acclimatement. Ni la situation ni la personne n’auront d’incidence sur votre comportement. Vous vous en fichez. La vie coule normalement.
Ce qui m’intrigue présentement n’est pas tant le fait que je me sentais à l’aise dans cet univers comme si cela avait toujours été, mais celui qu’il nous ait fallu, à lui comme à moi, ce temps d’accoutumance dont personne n’a normalement besoin lorsque l’on est indifférent !
Une expérience pleine de bonne humeur et de legereté…
Quoiqu'il en soit, je garde pour moi un morceau de Morcheeba qui flottait dans l'air et ce massif impressionnant de passiflore - cette plante presque truculente - qui fleurit sur la terrasse de leur cour intérieure et auquel personne ne semble prêter attention ...










