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Billets du jour & Essais - Page 7

  • Sur un air de David Bowie

    Pendant 9 ans, systématiquement, perdre ses moyens
    En un simple regard, oublier tout le reste,
    Ne pas savoir quitter des yeux, observer chaque geste
    Et se convaincre cependant que de possible, il n’en est rien.
     
    Ne jamais se défendre d’y revenir.
    Se présenter encore dès que possible, même y tenir
    De cet état aussi délicieux que secret,
    S’agacer autant qu’apprécier.
     
    En ignorer la raison, 
    Ne pas la chercher jusqu’à ce jour,
    Puis saisir enfin l’occasion
    Et, sur un bout de papier, faire court.
     
    Se trouver ridicule et déplacé, 
    Mais recevoir un signe intéressé.
    Alimenter des échanges amusés, 
    Et se réjouir d’un soupçon d’affinités.
     
    Se voir un RDV proposé ;
    Incrédule, ne surtout pas conjecturer.
    Puis découvrir avec effroi 
    Que de possible il n’y aura pas !
     
    Hurler, seul, trouver injuste cette déveine
    Regretter les années qui séparent ;
    Détester la vie et ses hasards ;
    Puis accepter sa peine.
     
    Espérer secrètement que l’autre sera plus léger,
    Qu’il est peut-etre envisageable, le temps d'un verre, de s’en accommoder.
    S’en vouloir ; comprendre que lui aussi aura renoncé, 
    Alors même qu'aucun mot n’aura été prononcé.
     
    Se jurer, cependant, de dire
    En se promettant d’en rire
    Et de remercier l’autre de la singularité
    D’émotions dont on ne saura probablement jamais complètement se détacher.

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  • Le malheur de l'une fait la joie journalière d'une autre /ou/ Les chaussons de la solitude

    Dans le métro, saisir en une fraction de seconde, dans le regard d'une jeune fille charmante et par ailleurs, très joliment apprêtée, ce grand moment de solitude lorsqu'elle découvre devant vous, en regardant ses pieds, qu'elle est encore en chaussons.

    Cette seconde de désarrois complet, que l'on ne souhaite à personne, en appelle autant à ce que l'on est (ou pas), au jugement des autres et à la crainte qu'on en aurait, qu'à la journée qui va en découler.

    Vous savez ? Cet instant presqu'imperceptible, terriblement personnel, ce moment si furtif de prise de conscience d'une situation aux conséquences inévitables et que j'ai capté par hasard dans son regard.

    J'en ai pleuré de rire, toute aussi seule face à la situation qu'elle ne l'était de son coté, imaginant ce qui lui traversait l'esprit : elle est en fin de parcours, après déjà 1.00 de transports en commun. Elle est attendue ce matin pour une réunion au plus haut niveau avec ses patrons. C'est d'ailleurs pour cela qu'elle avait porté la plus grande attention à sa mise en plis et en beauté, oubliant manifestement le reste. Sa destination est Porte de Vincennes, là où, même si elle pouvait s'en donner le temps, elle ne trouverait pas de magasin de chaussures. Il est 8.00 !

    Un moment d'intimité et de terrifiante fragilité, offert tout autant que capté involontairement. Son regard. Ses chaussons. Son malheur... qui feront la joie de ma journée !

    Merci mademoiselle ! Nous avons été quelques uns, avec qui j'ai partagé le sujet, à avoir ri en pensant à vous, au fur et à mesure de la journée, vous imaginant dans de multiples situations professionnelles, de chaussons toujours chaussée !

     

    Pour d'autres moments de solitude, cliquer ici !

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